Parler de couples, de familles et de parentalités, au pluriel et en Eglise : c’est possible!
Un jour, je discutais avec un pasteur qui m’a dit, en substance : « le jour où la personne responsable de la Pastorale Conjugale et Familiale sera une personne ancrée dans le réel, divorcée par exemple ou en tout cas pas dans la morale bien-pensante chrétienne, je saurais que ce service est vraiment là pour tous les couples et toutes les familles ». Quelques années plus tard, je rencontrais Rachel…une prière a été exaucée !
Joan Charras-Sancho : Rachel, tu es laïque, conseillère conjugale, divorcée…et parfaitement à ta place dans ce service de la Pastorale Conjugale et Familiale de l’Uepal. Peux-tu nous le présenter ?
Rachel Wolff : Le service de la pastorale conjugale et familiale est au service des paroisses, œuvres et missions de l’UEPAL. J’interviens en réponse à des sollicitations concernant des thèmes choisis. Je peux aussi proposer toutes sortes de rencontre ou formations. Mon cahier des charges m’invite aussi à me tenir informée des changements sociétaux dans mon domaine et à encourager la réflexion.
Joan Charras-Sancho : Tu as coordonné la rédaction d’un manuel de travail pour que l’Uepal discerne, collectivement, les priorités concernant les questions éthiques sociétales. Comment peut-il être utilisé en communauté ?
Rachel Wolff : Il peut être utilisé si chacun·e possède un exemplaire en proposant un échange autour des morceaux de textes qui ont interpellé chacun·e, comme un patchwork oral qui formerait un nouveau texte à la fin. Ou alors, chaque thème peut être traité de manière plus approfondie, par exemple, en proposant que des groupes de trois personnes s’en emparent. Chacun·e prend dans ce cas une partie du thème : le texte, la question ou l’exemple. Ensuite la consigne est de trouver des valeurs, idées forces qui permettraient d’accompagner la situation en église. Mais chacun peut trouver la méthode qu’il préfère, cet ouvrage est un guide et invite à la créativité en matière d’animation.
Joan Charras-Sancho : Tu as commencé à te déplacer pour accompagner ce processus de réflexion. Quelles sont tes premières impressions sur la réception du document ?
Rachel Wolff : Le document est très bien reçu. Les éloges sont nombreux sur la forme et l’accessibilité du contenu. Certaines paroisses ont envie de l’utiliser pour une réflexion au long terme.
Joan Charras-Sancho : Tu as toi-même traversé certains déserts concernant ton couple et ta famille. Qu’espères-tu des Eglises lors de situations similaires ? Quels conseils peux-tu donner ?
Rachel Wolff : J’espère des Eglises un accueil inconditionnel envers tous ceux qui osent en franchir le seuil ! J’espère une Eglise ouverte, bienveillante et empreinte de l’Amour du Christ. Pas en parole, ou en textes fondateurs, mais dans les actes. Je n’aime pas donner de conseils. J’ai simplement envie de croire en l’humanité et notre capacité à voir le beau, le bon et le juste en notre prochain·e, quel qu’il ou elle soit, si on le décide. Les premiers échos de rencontres et d’échanges autour du livret m’encouragent dans ce sens !