Le déni de la pédophilie dans l’Eglise : un malaise bien analysé dans le livre « Le Déni »
A la sortie d’Accueil Radical, nous avons eu la surprise de recevoir un cadeau par la poste : les deux auteures du Déni : Enquête sur l’Eglise et l’égalité des sexes nous ont envoyé leur ouvrage pour recension !
Si la première partie du livre, « L’Eglise et le féminin », a pu sembler à la théologienne féministe luthéro-réformée que je suis une succession de remarques évidentes sur la trop forte emphase faite à Marie et le peu de cas fait aux femmes dans l’Eglise catholique, la seconde partie est, elle, remarquable.
En effet, les deux auteures, dont l’une est journaliste de métier et la seconde bibliste, décortiquent tout ce qui peut entraver l’homme catholique, et tout spécialement celui qui est consacré dans le célibat, dans son plein épanouissement. Elles démontrent qu’à trop vouloir des prêtres saints à l’image du Christ, on leur refuse d’être des hommes, à part entière. En désexualisant ses serviteurs, l’Eglise rend tabou tout sujet ayant trait à la sexualité. Cette culture du secret empêche que les abus soient verbalisés, dénoncés : la dérive autour du déni de la pédophilie semble en découler.
La troisième partie, enfin, nomme le vrai problème de fond : le patriarcat, constamment renforcé au cours des siècles, par des décrets, des encycliques et des règlements ecclésiaux discriminatoires. Ce patriarcat empêche aussi des formes d’accompagnement pastoral positif ayant trait aux autres réalités conjugales que celle d’un couple hétérosexuel marié à l’Eglise. C’est un patriarcat somme toute primitif, enfermant, culpabilisant et drapé dans le déni de la diversité…ou du péché en son sein.
Cette somme (392 pages !) se situe dans la lignée des enquêtes théologiques et les deux auteures s’y sont attelées avec sérieux et précision. La préface de Joseph Moingt laisse entrevoir une lueur d’espoir dans ce tableau obscur – les deux auteures ont tout de même pris des noms de plume de peur des réactions négatives dans leur propre environnement – …mais comme dirait Elisabeth Saint-Guily, catholique, féministe et lesbienne :
« la lecture de ce livre m’a fait un bien fou ! »
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