Cécile Guinand, une présidente pleine d’espoir!

Cécile Guinand, une présidente pleine d’espoir!


Un nouveau groupe a rejoint le monde francophone des chrétien·ne·s inclusifs et il était plus que temps de vous en présenter la jeune présidente, Cécile Guinaud! Cécile ne ménage ni son engagement ni son temps pour fédérer et affermir ce groupe prometteur dans le canton de Neuchâtel…nous prions que de telles initiatives essaiment partout! Vous pouvez aussi lire son résumé du livre Accueil Radical, émaillé de questions et de prières.

Joan Charras-Sancho : Cécile, tu es co-fondatrice du groupe Arc-en-Ciel de Neuchâtel. Peux-tu nous en dire un mot?

Cécile Guinaud : En 2016, la paroisse réformée de Neuchâtel avait invité les éditeurs de L’Accueil radical (Joan Charras Sancho et Yvan Bourquin) pour une présentation de ce magnifique recueil. À la suite de cette soirée, plusieurs personnes ont approché Christine et Alice, les deux organisatrices, pour dire leur souhait que notre Eglise n’en reste pas là. Nous avons alors réfléchi à une « suite », et le groupe Arc-en-Ciel est né. Si l’idée émanait de trois fondatrices protestantes réformées, le groupe a été dès le départ œcuménique. Il se réunit tous les 3 du mois, et accueille chrétien.ne.s LGBTI et allié.e.s. Les soirées, en général, commencent par un temps d’accueil et de partage, puis nous échangeons sur un thème ou écoutons un témoignage particulier, et nous terminons par une prière et un repas canadien… des moments riches et précieux !

 

Joan Charras-Sancho : Tu es une alliée des personnes LGBTI mais aussi une chrétienne inclusive. Comment est-ce que cet appel s’est révélé à toi?

Cécile Guinaud : Elevée par des parents athées, j’ai fait très tard mon « coming-out » chrétien, et ensuite, j’ai mis du temps à me « mettre en couple » avec l’Eglise réformée qui était celle de mes grands-parents. Je m’y suis depuis beaucoup investie, notamment en rédigeant des chroniques sur le site de la paroisse. Je suis venue à la soirée qui présentait L’Accueil radical en vue d’écrire un article, avec une toute autre idée : je pensais qu’on parlerait de comment rejoindre les personnes qui se sentent éloignées ou rejetées par l’Eglise (en gros, les personnes qui étaient comme moi peu avant). J’étais un brin perplexe… pourquoi les LGBTI ? Dans mon milieu social et familial, c’était normal : il aurait été facile pour moi d’annoncer à mes parents que j’étais bi, trans ou lesbienne, alors qu’il avait été si difficile de leur dire j’avais reçu la foi ! Mais, lors de cette soirée, j’ai découvert une image de mon Eglise dans laquelle je ne me suis pas reconnue : une Eglise qui accueille avec des « mais », une Eglise qui ne bénit pas les couples en partenariat enregistré. J’ai rencontré des personnes qui ont souffert à cause de ce rejet, cela m’a touché, et mise en marche. Avec ça, je ne souhaite pas en rester à l’inclusivité des personnes LGBTI, mais œuvrer pour l’inclusivité en général, au nom de ma foi en Christ. Comme je suis attachée à mon Eglise de confession réformée, je préfère essayer de la faire changer de cap plutôt que quitter le navire !

 

Joan Charras-Sancho : Il y a peu, une photo de deux hommes nus et enlacés a fait scandale, publiée dans le journal d’Eglise Réformés, a fait scandale. Qu’en as-tu pensé?

Cécile Guinaud : En tant qu’historienne de l’art, mes recherches m’ont appris à apprécier une œuvre d’art quand elle est subversive, qu’elle nous bouscule et nous fait réfléchir, tout en nous offrant un plaisir esthétique. J’ai une grande admiration pour E. O. Wallin. Même si tout le monde n’est pas préparé à recevoir cette forme d’art, et qu’on a le droit de ne pas aimer cette photographie, il est pour moi de mauvaise foi (c’est le cas de le dire) d’en faire le prétexte à un discours violemment discriminatoire, ce qui a malheureusement été le cas de beaucoup de lettres adressées au journal Réformés.

J’ai vu dans cette image la forte articulation de motifs « tabous » : la nudité, la relation intime et sexuelle, la couleur de peau, le piercing, le tatouage… associés (ô blasphème !) à la Croix. Or, faire de la Croix un lieu du sacré (au sens de valeur absolue intouchable, de la Loi) est, selon moi, absurde. La Croix me paraît davantage être le lieu d’un scandale : de pieuses personnes qui prenaient les Ecritures un peu trop à la lettre, mises en doute dans leur manière de penser par la relecture qu’en faisait Jésus, ont condamné à mort le Fils de Dieu. La Croix est un scandale, et si cette photographie l’est aussi, alors c’est une bonne nouvelle. Car derrière le scandale (La Croix), il y a la révélation (La Résurrection). Associer un couple gay à la Croix, c’est nous rappeler que l’amour inconditionnel de Dieu touche chacun et chacune de nous, quelle que soit notre identité de genre ou notre orientation sexuelle. Pour les hétéros, c’est un bon rappel : l’amour du Christ peut être accueilli dans toutes les dimensions de nos vies, y compris nos affects et notre sexualité. J’espère enfin, qu’après cette mise à mort symbolique par de nombreux lecteurs du journal Réformés, arrive pour les LGBTI le temps de la résurrection, à savoir la pleine reconnaissance qu’ils et elles sont pleinement fils et filles aimé.e.s de Dieu.

 

Joan Charras-Sancho : Quels sont tes espoirs concernant ton Eglise concernant une pleine acceptation des personnes LGBTI?

Cécile Guinaud : J’espère surtout que, peu importe la vitesse des prises de décisions institutionnelles (bénédiction, etc.), ce soit au plus profond de chacun.e des membres de l’Eglise que l’accueil inconditionnel s’ancre, qu’il puisse être vécu et ne pas seulement être un principe abstrait. J’ai peur d’une position théorique qui, en pratique, mène, derrière de belles apparences, à l’exclusion, au rejet, au jugement de nos frères et sœurs en Christ, qu’ils ou elles soient LGBTI ou non d’ailleurs.

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