Alice Duport ou la foi en un Evangile tout terrain!

Alice Duport ou la foi en un Evangile tout terrain!


Alice Duport est une pasteure énergique, attendrie par les bébés et hérissée par les injustices. Un peu caméléon – elle s’intègre partout où elle passe -, super vegan – elle ne mange plus de « cadavre » – et surtout : passionnée par l’Evangile qu’elle proclame sans relâche depuis trente ans. La rencontrer, c’est être un peu bousculé·e et, souvent, bien se marrer!

Entretien avec une pasteure qui a  » de la bouteille » et une énergie vivifiante!

 

Joan Charras-Sancho : Alice, tu es une pasteure-tout terrain puisque tu as déjà été en paroisse en Alsace, dans l’aumônerie des Armées et maintenant dans le Canton de Neuchâtel. Dis-nous quel est le fil rouge de ton ministère et ce qui lui donne du souffle?

Alice Duport : J’ai toujours eu la conviction que c’est l’Évangile de Jésus-Christ qui doit être tout terrain ! Saint Paul parle de « se faire tout.e à tous » (le « .e » est de moi, pas de Paul !) J’ai aimé vivre mon ministère dans la diversité des milieux, entre paroisse et aumônerie et, il y a six ans, en changeant d’Église.

 

Joan Charras-Sancho : Parmi les multiples activités que tu accompagnes en tant que pasteure, il y a le groupe Arc-en-Ciel de Neuchâtel. De quoi s’agit-il?

Alice Duport : Suite à ton passage à Neuchâtel en 2016 ( !), pour présenter Accueil Radical, est née l’idée d’une antenne inclusive sur ce Canton. Avec une jeune conseillère paroissiale et une collègue, nous avons lancé une rencontre mensuelle pour personnes lgbti et allié.es. Très vite, nous avons compris combien un lieu d’Église, résolument œcuménique, répondait à un besoin.

Le groupe Arc-en-Ciel se veut discret pour garantir la confidentialité de ce qui s’y dit. Nous partageons des expériences de vie, un texte biblique, un temps de prière – parfois la Cène.

Puis, avec l’aide et les encouragements d’ami.es d’associations chrétiennes gays (C+H Vaud et Genève), nous avons créé l’Association chrétiennes Arc-en-Ciel LGBT et allié.es. Le statut d’association permet une plus grande ouverture vers d’autres, une présence dans la presse, quelques fonds pour financer des conférences et évènements publics. Ce qui me réjouit beaucoup, c’est que, si les trois personnes à l’origine du groupe sont toujours présentes, d’autres, plus jeunes et de tous horizons chrétiens, ont pris la responsabilité de l’Association.

 

Joan Charras-Sancho : Il y a 30 ans de cela, tu avais célébré un culte avec le pasteur Doucé, une figure complexe du mouvement chrétien LGBTI, qui est mort dans des circonstances inexpliquées en 1991. Quelles évolutions vois-tu se profiler dans ce mouvement ? Vers quoi tends-tu, personnellement?

Alice Duport : J’étais toute jeune pasteure, et alors déjà, complètement allergique à toute forme d’homophobie !

Je reconnais que je n’ai pas suivi l’évolution du mouvement. C’est le livre l’Accueil Radical qui m’a replongée dans la question, et j’ai été particulièrement touchée par la contribution de Marina Zuccon « Et pourtant, elle bouge ! », qui m’a permis de comprendre que ça bougeait, lentement mais surement, vers plus d’inclusivité.

Mais si la question redevient importante pour moi, c’est à cause du déferlement de LGBTIphobie « chrétienne » à la suite du Mariage pour Tous (et Toutes !) Je n’ai jamais compris comment on pouvait se servir du message d’amour du Christ, une Bonne Nouvelle pour toutes et tous, pour exclure les homosexuel.les ! Comment un message d’amour devient-il un message d’exclusion – voire de violence ?!

J’étais déjà en Suisse au moment des manifestations et débats en France et j’ai suivi cela d’un peu loin. Mais je suis atterrée par les résistances aux décisions synodales de l’Epudf, par le groupe des « Attestants » et dans le canton de Vaud, le manifeste du groupe 3R – un vrai brûlot d’intolérance. Comment le beau nom de Jésus-Christ peut-il être associé à tant de rejet – et ce de la part de théologien·ne·s et de ministres formé·e·s dans des Universités à la réflexion et à l’ouverture d’esprit ?

 

Joan Charras-Sancho : Lors de PEF2017, tu as officié lors du culte inclusif dont la programmation a déclenché une polémique avec le CNEF. Que peux-tu en dire?

Alice Duport : Je suis sincèrement reconnaissante d’avoir été associée à ce culte à Saint Guillaume et de retrouver les ami·e·s de l’Antenne inclusive que je suis par Facebook ! Arrivée en train depuis Neuchâtel, j’ai appris une heure avant la défection du CNEF. Je suis donc allée au culte, pleine d’une (sainte) ardeur pour l’inclusivité, contre le rejet et la méconnaissance !

J’ai trouvé à Saint Guillaume une équipe formidable, prête à célébrer un Dieu d’amour et d’accueil. Tout dans ce culte, liturgie (très luthérienne !), chants (charismatiques !), prédication (genevoise !) ont rendu témoignage à ce Dieu qui aime chacune et chacun, sans exclusion, sans distinction. J’étais émue et heureuse, pleinement convaincue qu’il était bon d’être là, ce soir-là en particulier.

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